mercredi 24 août 2011

ANNOT




Simplicité, ce mois d'août se passera sous le signe de la simplicité dans ce charmant hotspot qu'est Annot. En effet nul besoin de titres racoleurs, comme certains torche-culs savent le faire, tel que, Conso : Quel lubrifiant choisir pour un gang-bang? Ou encore à la rubrique test ce mois-ci : La triple pénétration anale, oh là là! Chez LaCombe nous resterons soft et concis. Ainsi, au rythme des tubes du moment, diffusés en boucle sur les chaînes de la TnT, nous prîmes possessions des lieux, au pays des grès et des forêts de châtaigniers. Un p'tit coup de Pittbull, de David Guetta et nous voilà parti à l'attaque de ces gros blocs, disséminés sur le très fréquenté chemin de rando de la chambre du roi. Quoi des gros blocs? De quelle hauteur? 20, 30 mètres au moins? Allo, il faut vous réveillez, vous avez bien lu le titre? De la simplicité vous dis-je! Annot c'est l'escalade radicale par essence même. Dix mètres de grimpe sur prises taillées, dans des profils variés mais souvent déversants, sans recherche de méthodes et autres calages surannés, c'est le temple de la force pure sur bi et tridoigt, une sorte de mélange entre SAE et SNE. Attention quand même, la plupart des voies restent très résistantes et rares sont celles où tout se joue sur un mouvement. Comme me disait AK lorsque je lui confiais mon envie de venir ici : " Annot ça surbourrine grave. J'y suis allé une fois et je forçais déjà dans les 6a, mais alors les 7a c'est du bourrinage dans des bi taillés, toi ça va te plaire." Effectivement, tirer comme un forcené sur ces prises surnaturelles ça a du bon, un moment, parce qu'après on risque de devenir dépendant. Comment vous expliquez? Pour les bloqueurs, les djeun's, les adeptes de SAE, les utilisateurs de canne à pêche, les familles nombreuses, les fétichistes du strapping, les amateurs de retour au sol, de rési très courte, de chute la main dans le bac final, de tendinites, de grès, Annot c'est le top. Pour ceux qui préfèrent les voies longues, de conti, les grandes voies, les réglettes, la précision des appuis de pieds, la fraîcheur, les vires foireuses, le calcaire, vous pouvez passer votre chemin, comme l'on fait les pots d'ailleurs. Pourtant le Verdon n'est pas très loin, hein NiKo? Mais on préfère essayer les classiques? Quant à notre queutard préféré, BenJ, comme toujours, il choisit de s'envoyer en l'air, à Chamonix, sur des falaises de berlots, pour réviser sa technique d'artif', le A0 demandant une bonne maîtrise et nécessitant d'être souvent pratiqué. Chez LaCombe, par exemple, Roberto ne parviendrait jamais à faire un 7a, BenJ un simple 6a, alors que les Lumineau, Antoine en tête, se régaleraient comme jamais. Enfin, Annot c'est surtout le grès, et pour respecter ce caillou, les équipeurs tailleurs de pierre, ont essayé d'inventer des itinéraires où la Dülfer et la pose de pieds à plat sont reines. C'est peut-être une explication à la sous exploitation de ces blocs où certains versants sont restés vierges de tous points. Un oubli? Trop de travail? J'en connais qui aurait fait chauffer le TE6A et les mèches de 12 moi!


Soso dans un 6a, contente

Quels trous sont taillés?

Pourtant le séjour s'annonçait bien mal lorsque, une semaine plus tôt, la lame de ma scie favorite, vint finir sa course sur mon majeur gauche alors que je bûcheronnais comme un dingue pour trouver l'accès à une nouvelle falaise. Bilan sans appel : une semaine d'immobilisation avec peut-être des séquelles? Non, à part une belle cicatrice, car à peine arrivé devant le beau mur du Bestiaire, je ne pus résister à l'attraction des Walkyries en 8a. Le Bestiaire est le bloc le plus attirant sans hésiter, même si pour l'echauff' les 6a de la face Ouest et ceux du visage ne donnent pas la meilleur image du site. Effectivement ça surbourrinait fort et le premier sentiment de Soso fut quelque peu ...amère. Pour terminer avec ce secteur, toutes les voies sont à essayer avec une mention spéciale pour Satyre en 7c et Egérie en 7b.

Le mur du bestiaire

Dans un 6a du Zodiaque.

Les autres jours se déroulèrent à l'identique, visite d'un secteur différent avec pour objectif de faire tous les 6a, de taguer chacun des blocs, et de trouver un projet sympa. Après les Walkyries, mon choix se porta sur Logique de guerre en 7c+ au Vaudois. Une ligne sur trous, de 18 mouvements, très rési où il ne faut pas tomber la main dans le bac final sans avoir clipper la dernière dégaine. Eh oui, ça sent le vécu. Alors qu'est-ce qu'il arrive? " Bobo maman!!".


Papa bobo!!! A force de tirer dans les bi
de Logique de guerre

Logique de guerre

Mais la principale contrainte du séjour fut plutôt de trouver les bonnes conditions car même sous la forêt, il fait vite trop chaud. Le bloc des Météores et du Zodiaque réservent des faces Est avec quelques bonnes bases de bourrinage tels que respectivement Terre de feu en 7c et Le pas suspendu en 7a/+, au premier et Arcane majeur en 7b+ au second, enfin si vous avez la patiente d'attendre 14h30 pour avoir de l'ombre. L'autre option, pour profiter de quelques degrés de moins, consiste à se taper 30 minutes de marches, au ras du soleil, pour aller s'enfermer aux Oubliettes, le seul secteur qui ressemble enfin à une falaise classique. C'est même en ces lieux que les courageux pourront venir essayer cette curiosité atypique qu'est Exit in red, le 8a référence et seule voie naturelle du site. Pourtant largement moins dure que les 7c+ du bas, elle réserve néanmoins une escalade athlétique avec beaucoup de gainage pour remonter les pieds sur les deux bonnes règles, ainsi qu'un dernier dynamique juste sous le relais. N'oubliez pas que vous êtes à Annot et qu'il faut aimer tomber juste sous la chaîne du relais. Toutefois, je pense que cette voie vaut le déplacement à elle seule et permettra à tous les ayatollahs, frustrés de ne pas pouvoir grimper en bas, de s'exprimer sur le grès d'Annot. Mais venir ici sans essayer les voies marquantes des blocs de la gare, c'est un peu comme si les frigides et les impuissants voulaient connaître le frisson de l'échangisme...aberrant. Enfin, pour ceux que la description titilleraient voici une très bonne vidéo de la voie ici, mais sans le dynamique de la fin.

La tagueuse en herbe.
Un trace de notre passage.

Les oubliettes.
La seule photo d'Exit in red
SoSo au cachot.

Marquons une courte page de pub pour vous divertir.
Nice, préfecture des Alpes-maritimes, cinquième ville de France, bénéficie d'importants atouts naturels. Le tourisme et le commerce occupent une place prépondérante dans l'activité économique de la ville. C'est la deuxième capacité hôtelière du pays et elle accueille chaque année 4 millions de touristes, dont mes beaux parents. Oulàlà, ça va déraper!! Malheureusement pour moi c'est chaque année la même histoire, une migration de la matriarchie Di Sante vers ces plages de galets sans charme, à la recherche du bruit, de la foule, de la chaleur, logé en plein coeur de la ville, dans un boui-boui à deux pas de la promenade des anglais, du faste et de l'attrape touriste, de vrais vacances en fin de compte où le tumulte de la ville vous empêchera de dormir sereinement. Un seul point commun avec le Cap d'Agde, la possibilité, pour vous messieurs, de mater tranquillement, comme des porcs, toutes ces chiennasses venues trémousser le popotin comme dans un clip de Collectif métissé, afin de conquérir vos regards libidineux. BenJ, NiKo, il fallait venir je vous disais!!!

Retrouvons notre blog préféré.
Annot est donc à classer parmis vos destinations car ce site offre un large choix dans la pratique de vos activités. Envie des grandes voies calcaire, le Verdon est à deux pas, une envie de faire du trad, du bloc, de la falaise, il ne vous reste plus qu'à choisir vos secteurs et votre matériel pour des souvenirs garantis. Envie de visite et de culture, le jardin géologique de Dignes les bains est aussi très proche. Vous ressortirez reposé et surtout moins bête pour comprendre enfin ce qui vous entoure.

La dalle aux ammonites de Dignes
Une belle ammonite déroulée.
Moulage d'une ammonite, la plus grosse du monde.

mercredi 27 juillet 2011

Comme un air de vacances.



A chaque jour suffit sa peine... Voici l'expression qui convient le mieux pour qualifier ce début de période estivale. Mr Météo nous joue des tours chaque jour, nos amis nous surprennent, mon corps donne des signes de fatigue de même que ma chevelure autrefois abondante, ma motivation est devenue une grande fan de Roller coster, bref, nous voilà résigné à vivre chaque jour sans nous inquiéter des difficultés que nous réservera l'avenir. Cela veut naturellement dire sans projet d'escalade, moteur essentiel de notre pratique.


Pourtant, j'aurai dû voir venir le truc, lorsque, lors d'une séance au Marocaz, le fidèle Victor me concéda, sans honte, qu'il avait hâte d'aller sur la côte pour "surfer". Oui, vous avez bien lu, le noyau dur de LaCombe voulant stopper la varappe pour aller se faire dorer la couenne sur une planche... inimaginable.


Quelques jours plus tard, j'avais confirmation de ce sentiment de relachement quand mon genou donna des signes de faiblesse en plein crux de Destin de chien, 8a+/b. Diantre, un craquement dans le genou qui m'empêche de poser la jambe, est-ce grave docteur? Que nenni, le lendemain pour vérifier si la machine fonctionnait toujours, je remettais ça, par 35°C, à la cascade d'Alloix, en compagnie de Roberto. Non sans quelques boitillements, je parvins à la falaise pour une séance humide et moite. Malgré tout, sans chercher la performance, nous passâmes un bel après-midi dans la spirale du vandale en 8a et inch'alloix en 7c.

La météo nous avait pourtant épargné durant cette année, je me souviens encore de ce début de mois de juillet, si doux, temps idéal pour la grimpe, qui avait poussé LaCombe à sortir de sa Savoisie pour explorer la Yaute, nouvelle terre d'accueil du couple LaLoutre-NiKo, forcés de déménager pour des raisons sans importance : le travail. Proche de la frontière, à deux pas du Salève, les voilà heureux. NiKo, dans sa quête de la falaise la plus radicale, nous fit découvrir le secteur du coin au Salève, un eldorado pour grimpeurs savoyards, une base historique de l'escalade locale, un coin où chaque voie se mérite, du 6a d’échauffement au 8b+ d'un autre temps. Le bilan fut gratiné, extinction de voie à force de hurler dans le crux, très à doigt, d'un 7b+, brûlures au premier degré sur une grande partie du dos, biceps et pieds fumés dans la classique Saga du chablotin en seulement 7c. Heureusement, le lendemain nous décidâmes de changer de décors afin de profiter de la fraîcheur du sous bois, au Cruz, une falaise que je recommande fortement. Nouvelle journée, nouvelle falaise, deux ingrédients indispensables pour passer un autre bon moment. En effet, après avoir plié Enfifrine enfifre 8a au premier essai, je faisais à vue L'heure des mamans en 7b. NiKo donna toute son énergie dans un 7a+ à vue, alors que les belles se rassasiaient de bons nombres de voie du 6ème degré.





Le beau temps était aussi au rendez-vous lorsque nous nous étions décidés, non sans mal, à découvrir le nid d'amour du BenJ et de Tata Elo. Uriage était trop proche des Saillants du Gua pour s'en priver. Deux jours sur cette falaise avec une belle découverte au secteur spot à rolo. Mais les tourtereaux, après une année d'exil à Limoges, sont devenus plus adeptes du sport de glisse en chambre que du sport d'adhérence en pleine nature. Deux voies plus tard, le BenJ voulait déjà rentrer, et je dus user de toute ma psychologie pour le convaincre de revenir, tant les belles voies pullulent en ce site. Je vous invite d'ailleurs vivement à essayer Espèce d'espace, 7c, pour tester votre résistance.






Que c'est-t-il passé alors pour que cette belle météo, qui nous permettait encore de faire du canyoning, sans craindre l'orage, avec Christophe et Linette dans un Ternèze déjà surfréquenté, change si brutalement? Presque une semaine sans bouger, à regarder la pluie tomber!! Dire que certain dont le nom commence par Raymond et finit par Gaétan se plaigne, sur les sites communautaires, au bout de deux jours d'inactivités, de mon coté après cinq jours de repos forcés et un mariage en sus, j'étais comme un lion boiteux en cage.





Heureusement, la Maurienne allait nous accueillir, et grâce à son micro-climat non légendaire, nous permettre de grimper alors qu'une pluie battante s'abattait dans notre Combe bien aimée. Yaya et Blanblan, tout droit venus de leur contrée ostile, pour passer un peu de temps avec nous, allaient donc gouter aux joies de l'escalade à la sauce Mauriennaise. Rien de mieux, comme entrée en matière, que de leur faire découvrir le rocher des amoureux et sa face nord. Ce fut une Nouvelle sensation en 7b++ pour Yaya que de forcer sur ces minuscules arquées si chères à ce secteur, alors que j'en profitais pour travailler la filière me faisant tant défaut, la résistance, dans cette même voie. Vous connaissez la rengaine, nouvelle journée, nouvelle..., le lendemain c'est à la balme de plan chatel que l'équipe au grand complet se rendit. Encore une falaise qui vaut le coup, en altitude, bénéficiant du vent de la vallée, proposant une escalade athlétique et longue sur bacs, de vrais bacs, ceux de trois phalanges. Un site qui plaira au petite famille avec un pied de falaise plat et accueillant pour vos banbins. Coté escalade, des tas de 7b/b+, un 7c sur rocher péteux, El miccho qui réussit à Yaya, un 7c+ sur classe nommé Adada, et le 8a, la Ostia qui me donna du fil à retordre mais permit de me mettre la caisse en dévers. Sollières à faire en 6c+, est absolment à essayer pour tester vos biceps, d'ailleurs ce n'est pas Soso qui dira le contraire.



Sollières à faire, 6c+





El Miccho, 7c

La Ostia, 8a







Avant de rentrer, il restait encore une étape de montagne à réaliser : faire une grande voie pour clore les termes du contrat. Ce fut chose faite avec A vos starting rock à Pontamafrey, une belle voie expédiée rapidement pour respecter le timing serré de cette dernière journée avant le retour dans la grisaille routinière de la Combe.