lundi 20 juin 2011

Retrouvailles

Il existe dans la vie d'un grimpeur des étapes marquantes constituées de défis, de réussites, de beaucoup d'échecs, de rencontres, tout cela ponctuant notre pratique. Les retrouvailles avec les unes ou les autres de ces étapes restent toujours des moments clés, uniques, à même de nous enrichir dans notre quête intemporelle de la plus belle face, du meilleur compagnon de cordée, des plus vives émotions. Revenir sur une falaise autrefois fréquentée, grimper dans ses nouveaux itinéraires et redécouvrir les anciens projets, revoir une vieille connaissance et l'emmener dans son spot secret comme si rien n'avait bougé, voilà une bonne dose d'émotions, plus forte encore que de réussir un projet ultime. Une manière de grimper autrement que pour une cotation ? Certainement.

Aux jeux des émotions, il y a eu le retour printanier à Crossey 3, après seulement un an d'absence certes, mais la belle était devenue méconnaissable de par le nombre de nouvelles plaquettes "jegrimpe.com" rayant la face. LaCuvette était le coupable désigné de cette débauche d'équipement. Moi qui pensait avoir croité la falaise, il m'imposait de nouveaux itinéraires, m'obligeant ainsi à revenir, quelle cruauté!!! Ahhh, j'aime être maltraité comme ça!!! Du coup, il me fallut trois séances pour me faire respectivement rouster dans le nouveau 8a de Nous ne resterons pas sans voie, pleurer de ridicule dans désordre fatal en 7c+, et exulter lors de son enchaînement.
Retour à Mouxy également, pour torcher sans élégance et sans éthique le 7c+ valant 8a, juste à gauche de Glutta. Un sacré morceau encore avec des sections bien marquées et blocs, entrecoupées de repos pas franchement reposant. Avec cette quatrième voie au compteur, je commence à espérer faire la coche de cette petite baume un jour, mais il faudra muter avant de s'atteler aux blagues que sont Freeman et Clafoutis, deux "8a" Chambériens.



Retour à Arbin, sur mes terres en quelque sorte, pour un dernier galop avant les premières fortes chaleurs, avec une retrouvaille de choc, le fameux Man alias Seb Mateo, trop longtemps perdu de vue. Mais le chemin parcouru, chacun de son coté, aura été bénéfique, puisque cette cordée reconstituée prit un immense plaisir à grimper, et à cocher facilement les désormais classiques 7c que sont Teube raideur et Le bon, la brute... Et comme dans chaque belle histoire, de nombreux projets virent le jour. Ainsi, Man, malgré l'éloignement certain de cette falaise mythique avec la capitale de la fête des lumières, se promit de revenir pour Startrique, je découvrais de mon côté les pas teigneux de Charlie et la chaude gâterie, un autre futur 8a.
Il fallait bien cette bonne dose de grimpe pour perdre les kilos gagnés au mariage de Yaya et Blanblan. L'Alsace, l'autre pays de la gastronomie teutonne... Une soirée très gaie, réunissant de nombreux mutants alsaciens tel Chutchut Matter et durant laquelle le Benj n'eut pas peur du ridicule lors de sa dédicace, à l'improvisation certaine, déclenchant un grand coming-out collectif au sein de la gente masculine. Je vous laisse imaginer la scène suivante : " Un grand merci à Yaya pour cette soirée". Long blanc. " Et à Blandine aussi". Puis il bafouilla deux, trois mots avant de se diriger vers AK, de l'empoigner fermement dans ses bras et sur le rythme d'une valse de vienne, de traverser toute la salle des fêtes pour se rendre à la table d'honneur, sous les regards badauds des invités, se demandant ce qui venait de se passer. L'instant d'après, d'autres couples d'hommes étaient sur la piste pour rivaliser avec nos prétendants. Heureusement que le ridicule ne tue pas, le microcosme de la grimpe aurait perdu AK, foudroyé sur place. Merci les mecs pour cette tranche de rire qui restera un temps fort de notre amitié.





Qui aurait pu penser, à ce moment là, que 2 jours plus tôt, AK, dans ses habits de grimpeurs, était en train de marcher la quasi totalité des voies de la Cascade d'Alloix. Et oui, rompu à ce style, il flasha l'Alloix martienne 7b+/c, et fit au premier essai la magnifique l'Alloix du plus fort en 7c+ ainsi que l'Attaque tonique des claques en 7b+. De la récup' active en sorte. Pour ma part, la zipette de pied droit dans le crux de l'Alloix du plus fort m'obligea à revenir la semaine suivante pour enchaîner, en compagnie de Roberto qui bute encore dans l'Attaque... et de Man. qui s'énerve fort pour faire l'Alloix martienne pour rester dans sa moyenne d'un 7c/jour.

tu donnes, tu donnes...




Comment terminer cette chronique sans parler de mes retrouvailles avec le Marocaz du bas ? Délaissé depuis 2 ans, n'ayant plus rien à me mettre sous les chaussons d'abordable (comprendre dans le 8a), plus de lignes à équiper, j'avais dû me résoudre à aller voir plus loin. Mais l'arrivée des P'tits jeunes chez LaCombe, sur fond de hausse du prix du carburant et de pied de falaise idéal pour le Bedion, me redonna un nouvel élan de motivation propice à de nouveaux projets. Ainsi, après une rapide répétition de No limits, ce sera au tour de Destin de chien 8a+ de subir mes assaults répétés sans se laisser prendre pour autant, la belle a du caractère, plutôt explosive d'ailleurs... Alors que la croix n'est pas encore consommée, je lorgne déjà vers la voisine de droite, Suceur de spits en 8a+/b, mais une chose me refroidit autant qu' une ceinture de chasteté pour jeune pucelle lubrique, ce sont les immenses chasse d'eau qui parcourent le mur final. Alors Lez, si tu lis cet article, pourrais-je remettre des points dans cette voie ? Car il ne faut pas me la raconter, ici elles servent à tout sauf à éviter le tirage. Le marocaz du bas est même un coin abrité de la pluie qui permet aux jeunes du CAF Montmélian de s'adonner aux plaisir de l'escalade déversante. Comment ai-je pu bouder tous ses avantages pendant toutes ces années ? Allez, il ne me reste plus qu'à trouver des compagnons de cordées à trainer là bas et le tour sera peut-être joué! Le Marocaz restera encore longtemps un incontourable de LaCombe.


lundi 16 mai 2011

Mouriès, la Mecque!!!


Faisons dans la simplicité, autant paraphraser une bonne description que d'en créer une mauvaise. Ainsi, notre cher CTN, M.Troussier, nous livre, dans le topo des Alpilles, une excellente analyse sur cette falaise d'une autre époque, d'un autre style, d'un autre engagement mental, d'une autre technicité, je veux bien entendu parler de Mouriès. Que fait LaCombe si loin? voilà une bonne question. Un peu à l'instar des oiseaux migrateurs, chez LaCombe le mois d'avril rime avec migration dans le Sud pour profiter de l'ensoleillement abondant en cette saison. Enfin n'oublions pas que cette année tout le monde à reçu sa dose d'UV. Mais comme une tradition est faite pour perdurer sans réfléchir, rebelote cette année pour notre petit pèlerinage alpillien.


"AHHHHHH Mouriès! Ce paradis de la règle et du mono doigt. Ce cimetière des illusions. Ce pot pourri de placements aléatoires dès les premiers pas du premier 6a de la journée. Mouriès est un monument national de l'escalade au même titre que le Verdon, Buoux, Céuse et Arbin"...
Si si c'est bien mentionné dans son édito. La suite est magique pour expliquer l'ambiance du site.
" En face nord, on redécouvre les joies de la quadrupédie. Les pieds sont plus qu'utiles, ils sont indispensables. A Mouriès, l'homme est un gastéropode qui s'ignore."
Il rêverai aussi d'être papillon ou fourmi.


"Il voudrait posséder deux ventouses en guise de pieds... Mais quel régal, quel plaisir d'équilibrer les appuis, de poser l'ultime bout du chausson sur une vaguelette ou sur un rebord presque invisible."
Est-ce que cela vous donne envie? Abordons alors ensemble les vrais sujets qui vous motivent tels que les cotations, le caillou, les croix faciles. Vous n'avez donc pas lu la prose de Marco. Les cotations sont sèches, voir déroutantes pour un non initié. Ici il faut ajouter un ou deux degrés pour s'y retrouver, à l'inverse de l'Espagne, au coeur de la polémique, où il faut soustraire ces degrés pour ne pas se mentir. Cotations sèches et voies historiques riment souvent avec voies engagées, ici les pas sont obligatoires, ajouter à cela des mouvements étonnants qui vous déchirent la peau des doigts, vous obtenez un cocktail où le mistral fait office de paille pour vous permettre de faire passer le tout. Rajoutez un pied de voie idéal pour les enfants et vous obtenez un coin presque parfait, introuvable en Savoisie, mélangeant les senteurs de lavande et d'oliviers, ou tout ce qu'on attend d'une carte postal du Sud. Et le caillou, la photo parle d'elle même, d'une pureté, d'un compacité, un idéal pour beaucoup de grimpeur.



Sur les conseils d'AK, après un briefing téléphonique quelques jours plus tôt, je me lançais dans quelques mythes de la falaise. Ainsi tranche de vie en 7a, me réconcilia avec le à vue, pour une courte période puisque deux jours plus tard ce fût la rouste dans un autre prétendu 7a, chasseur de miel et son pas de bloc sur dur. C'est à ce moment là que je me suis demandé comment j'avais pu faire fleur de rocaille l'année passée, peut-être en étant dans une sorte de transe, en communion parfaite avec le rocher. Non, je venais de passer plus d'une heure à chercher le moindre grattons pour les pieds dans le bas et à brosser méthodiquement les règles du crux dans le haut. Cette année, moins de temps, envie de grimper, de faire beaucoup de voies, je partais donc dans Ceux qui vont mourir te saluent, un des 7b+ bien réputés avec rêve de singes, qu'il faut faire impérativement avant de passer à plus dur, et à voir comment AK en plein crux, en chie littéralement sur les clichés suivant, il vous faudra une bonne dose de force dans les doigts pour atteindre le 8a. Enfin cette voie symbolise à elle seule toutes les autres, si vous courez dedans et que vous prenez un kiffe immédiat, la falaise est faite pour vous, et vous pourrez allez vous frotter aux autres itinéraires historiques en gardant comme objectif final le fameux Fluide enchanté en 8b. Par contre, si les 15m du mur vous fument les pieds et déchiquettent vos doigts, vous êtes une fiotte premièrement, et vous pourrez allez vous faire voir sur les autres innombrable sites de bourrin voisin tel Orgon et ses voies du canal, de cuvette plutôt ou celles de St Remy, secteur les abeilles... Après cet essai transformé, je cherchais un autre projet sur la liste du Köppel, Au bout du monde en seulement 7c me paraissait la plus engageante. hélas, pourtant affûté et à l'aise dans ce style, je ne parvins jamais à faire le pas du crux que Greg à l'air de randonner sur la photo. Allez comprendre!! Cela fait encore parti du mystère de Mouriès. Cette voie mériterait largement son 7c+, voir 8a sur d'autres falaises. Elle mélange magnifiquement tout ce qu'un grimpeur peut attendre de son sport, résistance, force, technique, mouvement aléatoire, tenu de prises, engagement... Je suis sous le charme. Comme disait Marco, toutes les voies sont belles, rien n'est à jeter.

Ceux qui vont mourir te saluent, ça arque grave.



Greg dans le crux de Au bout du monde


Au revoir Mouriés, à l'année prochaine...



Le séjour se poursuivit à Fontvieille, ou plutôt à Tarascon, puisque la commune de Fontvieille n'a pas estimé intéressant de participer au conventionnement de ses falaises, un investissement non rentable certainement. Rupture totale avec Mouriès, opposition flagrante des genres, du dévers omniprésent, du caillou gréseux et friable mais d'une rare adhérence, un bac à sable géant pour la hurlette. Quelques belles surprises dans Boubou doux, 7b+ vraiment majeur mais vraiment dur, pour ne pas me dépayser avec Mouriès. Tout comme A pas de loup, 7a qui porte bien son nom, tellement le ratio calcaire/grès de la roche est faible, rendant l'escalade délicate dans sa partie basse. Et pourtant, sur les clichés, cela à l'air béton. Autre bonne surprise, un 8a facile pour rentabiliser le séjour. C'est neuf, ça s'appelle Génération patatras, c'est typé bloc et c'est à peine plus dur que Boubou doux. Enfin il me faudra deux séances pour la faire juste avant la pluie et après une tentative presque réussie en posant les paires. Définitivement facile.








Le retour en Savoie ne se fit pas sans une baisse de moral, retrouver mes kairns, se motiver pour tirer sur les petites prises du dévers de Mouxy, se faire rouster dans les voies de Walibi en Maurienne... Il faudra attendre que la motivation revienne, trouver et équiper des voies qui me rappellent le sud, et déjà il sera temps de revenir ici, en cure de jouvence, pour continuer de me faire apprécier ce sport si ingrat.

lundi 11 avril 2011

Eté en avril, couvre toi d'un fil.


30°si elle suce, une température digne d'un mois de juillet, qui vous donnerait presque envie de faire des plongeons dans la piscine afin de refroidir votre réacteur en fusion, mais chez LaCombe c'est le prétexte à l'exploration de nouvelles falaises du bassin Chambérien. Poussés hors de nos repères d'Arbin et de Fréterive par une chaleur foudroyante, c'était l'occasion d'élargir le champ des possibles.


Gaétan découvre Fréterive


Après quelques sorties à Brison les oliviers, pour se trouver un projet digne de se nom, nos espoirs se portèrent rapidement vers une autre falaise du bord du lac, Cessens et plus particulièrement le récent secteur du col du Sapenay. En effet, Brison restera un endroit où la force pure est de rigueur si vous voulez triompher de Bi turbo, un 8a/a+ qui ne se laisse pas dompter facilement ou de Belzebuth, encore 8a, aux mouvements de force initiaux qui sélectionnent les candidats. A ce petit jeu là, ni Gaétan ni moi ne réussirent à sortir notre épingle du jeu. En lot de consolation du flash dans triple plombs 7b+ et d'autres 7a+ dont les noms m'échappent, c'est dire l'impact. On notera quand même la belle perf de Victor qui passé au rang des octogradistes se permit le luxe de triple marcher Triple pets 7b+, en posant les dégaines, et de flasher, dans la séance, Mamama mia en 7b, grâce aux conseils de NiKo. Preuve en est qu' Arbin est une usine à champion. La météo trop clémente nous chassant donc de notre vire bien-aimée, nous partîmes alors en direction du col du Sapenay, le royaume de la dalle putride, excepté au premier secteur, où la pose de pieds est primordiale pour se faire plaisir. C'est donc une escalade technique et conti en mollet, particulièrement au secteur Bleau qui nous attendait. La première session fût prometteuse puisque Gaétan s'octroya, en un petit essai, la très difficile Cuisinière, en 7c bien tassé, alors que je lui mettais un but dans Marie prose, un prétendu 8a que je décottais immédiatement à 7c+ devant l'abjectitude de son crux consistant en une simple poussée de pied gauche sur une pente pour aller chercher en épaule main droite une petite croûte permettant de ramener la main gauche sur une micro verticale, simple non!!! en gros si vous voulez vous faire plaisir au col, prenez une paire de chausson rigide pour valoriser les moindres pentes et micros grattons, après libre à vous, comme Gaétan, de grimper en babouche Queshua et autres ballerines Solution, mais il faudra vous armez de gros biceps et mollets de coureur de trail extrême. Sinon une autre solution consistera à profiter de la vue imprenable sur le lac. La deuxième séance, la semaine suivante, fut une ultime tentative de grimpe en face Ouest. Et oui, la dalle c'est sympa mais quand le soleil cogne fort sans couverture végétale, rendant l'adhérence plus que précaire, il faut se rappeler d'utiliser ses bras et comme c'est une partie du corps qui me fait cruellement défaut, je ne pus rééditer l'exploit de Gaétan dans Cuisinière, sautant, tel un couguar, sur cette petite épaule, si lointaine, du second crux. Je m'en sortais mieux dans le 7b+ de gauche : La roche aux nabots, torché flash, et encore un peu péteux sur le haut où chaque bac laisse soit de la terre soit de la poussière sur les doigts alors que les pieds sont au plus mal, compressés dans les chaussons, posés sur des aplats insignifiants. Au final, cette belle journée marqua mes retrouvailles avec un pilier de LaCombe, le très célèbre Roberto, de retour sur le caillou après 3 mois d'abstinence hivernale. Retour douloureux dans Au secours assur'sec en 6c+, une voie encore très sur les pieds qui donnerait du fil à retordre à bon nombre de jeunes ou de grimpeurs espagnoles, tant le style est d'une autre époque. Notons quand même le travail considérable d'équipement déployé par E.Duret, JL.Martin, Rocabilo... pour nous proposer des voies, toujours naturelles, bien équipées, comprendre sans engagement, sur ce futur site majeur de l'agglomération chambérienne. Malheureusement, ici, le peu de dévers et les voies souvent exigeantes techniquement auront raison des grimpeurs consommateurs que nous sommes devenus, cherchant à tous prix la performance déversante au lieu de l'esthétisme complexe d'une dalle sans prise au déchiffrage ô combien plus long. Société de consommation quand tu nous tiens!!!


Dans le registre dalleux, nous rééditions l'expérience le lendemain lorsque le rendez-vous fut pris, avec Roberto, de redécouvrir le Marocaz du haut. Dans mes souvenirs lointains, cette falaise présentait un fort intérêt puisque proche de la maison et proposant, dans grande une majorité, des voies autour de 7c et 8a. Je me rappelais également de ce grand mur compact, avec notamment Vice de pute un 7c+, vraiment classieux, où, après une escalade incertaine sur du calcaire de moins bonne qualité, l'effort à produire devenait intéressant. Malheureusement pour nous, ce retour aux sources, ne nous fit pas autant vibrer qu'auparavant. Je fus même dessus par le secteur, plus court, de droite, encore sali par un hiver nappant inexorablement le rocher d'une fine pellicule poussiéreuse. Petite journée au final, où Roberto eut des difficultés à enchaîner plus de 3 mouvements d'affiler sans être pendu dans la corde, et où je dus sortir toute ma technique pour venir à bout de l'ignoble Abattoir, un 7b++ comme on en fait plus, ainsi que de la plus classique Quel porc chérie en 7c. Cette dernière reste assez basique avec un crux en bas où il faut trouver les "bonnes" prises et de la résistance dans le mur où il faut pousser fort sur les pieds pour chercher les prises de mains. Je reste néanmoins un inconditionnel du Marocaz du bas, avec ses voies courtes et sans concession tel Le tronc 7c+ ou No limit en 8a, qui fûrent mes premières croix en terre savoyarde.

Marocaz du haut
C'est qui le mec en polaire bleue?
Le tronc marocaz du bas
Le tronc 7c+

Après ce retour aux basiques de LaCombe, une grosse envie de nouveauté s'imposa à nous : Les Monts. Grande barre rocheuse bien visible depuis Chambéry le haut, orientée Nord-Ouest et proposant des voies longues et continues. Idéal vous vous dîtes par ces fortes chaleurs. Eh bien il y a quelques années certainement, mais à présent qu'elle semble complètement abandonnée par la clique grimpante Chambérienne, il vous faudra un bon sécateur et un peu de patience pour profiter de quelques beaux itinéraires. Ainsi à peine arrivés au pied de la falaise nous nous lançâmes dans un petit jeu de piste pour trouver le début des voies : " tiens regarde sur le topo ça doit être le 7a? " Évidemment, nos yeux de novices nous trompèrent et Gaétan se retrouva dans le 6b+ d'échauffement alors que son pot, pensant faire ce 6b+, se retrouva dans un 7c!!! Pas de chances. Pause coupage de ronces, puis le 7a, puis le soleil, la deuxième mauvaise nouvelle concernant le secteur! Réchauffés, l'heure était venue d'aller tâter le rocher de Tais toi quand tu voles en 7c+. 35m tout rond pour une voie comportant 3 crux, de la conti en somme qui me coûta deux séances.

Fin de semaine oblige, et parce que nous nous étions réservés le meilleur pour la fin, nous prîmes la direction de Mouxy. Fini les piquets de grèves, plus de chasseurs non plus, l'endroit apparaissait comme déserté de sa population. Sentiment renforcé par l'impression étrange d'être les premiers à grimper ici après un "rude" hiver, période de maintenance où Dame nature d'un coup de poussière magique transforme la falaise en un tas de cailloux lugubres et glissants. Passé cela, on reprend goût à la fraîcheur des bois et on se surprend même à attraper l'onglet dans les voies d'échauffement du secteur central. Fin prêt, Gaétan partit se mettre un fight dans Critères de convergences en 7a+, à tel point que chose jamais encore vue , il mangea la bonne salade, amoureusement préparée par sa douce Corinne afin de recharger ses batteries. Je compris l'évidence, à mon tour, en clippant le relais de la sus-nommée, bien entamé, également. On comprend mieux alors la remarque de Lez sur son topo : attention les cotations sont d'origines et elles sont plutôt tassées vers le bas, des voies de caractères. Même si cette remarque s'adresse aux voies de la petite baume, il semblerait que l'échelle des cotations ait été employée pour toutes les autres voies, même plus récentes. Enfin il subsiste des erreurs comme le bi à dudulle en 8a, soft pour le coin. Fort de cette rouste, c'est sur Gluta, gros 7c+ ou 8a sur les autres falaises, que mon compagnon de cordée jeta son dévolu, grâce à son profil intéressant. Bonne pioche. Pas de taille, de très beaux mouvements et une difficulté crescendo, que demander de plus. Après une bataille pour mettre les paires à la bonnes longueurs, c'est à mon tour de repérer les mouvements, avec moins de classe que Gaétan. Puis le premier essai, départ en H3, je tombe avant le crux final. Les autres membres de l'expédition s'en donnèrent à coeur joie dans les voies du 6ème degré. Il est vrai que la falaise regorge d'itinéraires abordables propice à toute la famille.

Gluta





Une semaine passe, le vent arrive, les températures chutent, le "vrai" proverbe sur le mois d'avril retrouve alors toute sa véracité. Vite, vite monter à Arbin pour torcher mon dernier projet, La grande dérouille en 7c+, encore en compagnie de Victor, venu exprès pour me tenir la corde. Une grosse matinée donc, suivie d'une expédition dans le sacro sein de la grimpe Combesque, le Col du Marocaz, en compagnie du team LaCombe, pour bénéficier de l'ombre bienfaisante. De beaux essais dans Au millieu c'est merveilleux 8a pour Victor, et NiKo dans Le rasta fait rien, 7c corsé, pourtant estampillé 7b+ dans le topo de Mussatto... Ahhh la bonne blague.


Victor dans au milieu c'est merveilleux.




Vite, vite, retourner à Mouxy, une bonne occas de plier Gluta, et pour NiKo de plier l'horrible "petit" 7b+ de gauche. Ahhh ahh la bonne blague. En fait les Savoyards sont des gars sympas, pleins d'humour. Ainsi au prix de très beaux combats respectifs, pieds qui zippent et mega plomb sous le relais, les objectifs de la journée étaient néanmoins atteints.
La prochaine étape se déroulera sur les terres de notre AK national, puisque c'est à Mouriès que votre serviteur de conneries se rendra pour voir si le diable hurlera de joie...