samedi 6 mai 2017

J'veux du soleil.

"Je suis resté qu'un enfant
Qu'aurait grandi trop vite
Dans un monde en super plastique
J'veux retrouver falaise!!"

video

J'veux du soleil, j'veux du soleil... Des paroles qui pèseront forts sur mon inconscient d'adolescent lorsque dans les années 90' le groupe Au p'tit bonheur scandait ce refrain pour témoigner de l'insouciance de l'enfance. Depuis cette époque lointaine qui marqua pourtant un tournant dans ma vie avec la découverte de l'escalade, je n'ai de cesse d'appliquer les préceptes de cette chanson. Alors en Savoie c'est pas tous les jours faciles mais certaines années sont relativement clémentes et permettent de profiter du plus doux des astres, sans jeu de mot, et des falaises par la même occasion. Evidemment, pour un grimpeur, le soleil garantit principalement d'avoir du cailloux sec et de pouvoir s'adonner alors à sa passion en toute insouciance.
Après 6 mois de silence, LaCombe sort enfin de son mutisme forcé pour retrouver les feux de la rampe du microcosme de la grimpe Savoyarde... La poignée de fidèles qui nous suit sera rassurée d'apprendre que notre club de vieux dégarnis aux bras cassés existe toujours. La donne aura néanmoins légèrement changée depuis cet automne, notre pilier, le secrétaire général de l'association, adepte du triptyque : 8a, bière, bar aura donc démissionné temporairement pour s'essayer à un autre projet : l'amour.
Pour remplacer notre cher Victor, je ne voyais qu'une seule personne capable de tenir cette place à responsabilités mais surtout à contraintes. LaPlanche était alors tout désigné. Célibataire, avide de sexe et d'autres perversités non-avouables dans cette chronique de bon goût, pourfendeur de 8b au premier essai, amoureux de son pan Güllich et amateur de la belle sape pour "pécho" l'étudiante, ce pur sang de l'escalade saura assurer la relève à n'en pas douter. 



Notre planche possède en plus une qualité indispensable puisqu'il est capable de supporter le packaging complet que sous-tend l'escalade avec LaCombe. En effet, grimper avec nous revient souvent à faire preuve d'altruisme surtout pour un mec talentueux comme lui, obligé de se coltiner des "petits bras" qui passent leur temps à "percher" et à caler les méthodes au millimètre ou à se plaindre de l'équipement pour mettre maladivement toutes les "chasse d'eaux" disponibles de leur sac pour réussir un enchaînement. Je passerai sur la nuée d'enfants qui braillent au pied des falaises et sur les cris de leurs parents qui veulent toujours aller sur des falaises merdiques, mais oui, grimper avec LaCombe impose de faire des sacrifices ! 




Mais alors quel plaisir à grimper avec des faibles ? Je soulève donc la problématique suivante : En quoi grimper avec des personnes d'un niveau différent du sien est-il enrichissant et permet-il de faire évoluer sa propre pratique ? 

L'homme en tant qu'animal sociable à besoin de ses semblables pour vivre, pour apprendre et s'épanouir en société. LaPlanche, autrement appelé le sociologue, l'a bien compris et tend à se rapprocher de ses congénères, dégénérés parfois... 
Voir des faibles saucissonner dans les cordes toute la journée alors qu'on fait le malin, à vue, dans les projets des autres cela doit quand même aider à développer un sentiment de supériorité. Chez Denis, rien, pas de jugement, juste de l'analyse : "Et si j'essayais plus dur pour voir ? " Il aura donc réalisé un diagnostic de ses capacités par la confrontation avec le groupe. De notre côté, celui des faibles, des loosers, des petits kikis, voir un étalon sauter les points, marcher les voies en 8a, tenter des 8c nous aura permis de nous confronter avec notre médiocrité, point ! L'escalade est un sport cruel et sans pitié, si tu es faible, fais du Güllich !!
Alors la pratique de la planche aura bien évoluée, elle, vers de l'"après travail", vers un développement de compétences stratégiques vers une meilleure mémorisation des voies, surtout quand le percheron lui vient en aide en marquant le moindre gratton de pied, en revanche celle des animaux de basse cour... ah si, en allumage de feux de bois, en construction de cabane...
Le socio-constructivisme serait-il un fake ? Denis aide-nous!!! 

Revenons néanmoins à nos moutons, parce qu'il ne faudrait pas négliger l'essentiel, la grimpe. Une chose est sûre, l'appel du caillou est notre dénominateur commun et toutes les occasions de profiter de la nature et des paysages auront été bonnes à prendre pendant ces longs mois d'absence. Alors grimper avec LaCombe à des inconvénients mais aussi des avantages. Les falaises sont souvent au calme, avec vues sur les montagnes et les voies sont neuves puisqu'il n'y a personne pour les grimper ! 

C'est à SuperU et Fréterive que l'action se concentra pendant les mois de février et mars. Le secrétaire général avait décidé de poser ses bagages sur cette vire pour une AG extraordinaire. Roberto, notre trésorier, et votre serviteur, le président de l'assoc' se retrouvaient pour profiter du spectacle : Denis dans le 8c baptisé REM. Les vannes allaient bon train, et ce fût la vengeance des faibles contre l'oligarchie des mutants de l'escalade. Enfin une rouste...







SuperU, quelques nouveautés nous occupèrent un moment. Le mur central se voyait doter d'une nouvelle merveille avec Redemption Song, un 7c+/8a empruntant le même itinéraire de début que Redemption pour finir son chemin sur la droite dans un calcaire parfait. Le secteur proue subissait aussi quelques changements par l'ajout de deux bijoux et la modification du 7c les 4 sans cul. Cette dernière est donc "légèrement" plus dure et cote maintenant (casse d'un bac au début du dur) proche du 8a. Pour les nouvelles, LaCombe renoue avec sa tendance analphabète, plus anal que bête d'ailleurs... La première est un saphir en 6c+ qui répond au doux nom de l'affaire Théo en raison d'un buis rectifieur de trou de balle, que Roberto n'a pas apprécié. La seconde, un diamant, se nomme La chapelle Fistine en mémoire d'un jour de l'an fort sympathique à Mollans-sur-ouvèze avec M Sabot et ses anecdotes douteuses. La cotation? Je pencherai pour un bon 7c+ avec 15 mouvements sur bonnes prises, puis un crux avec 7 mouvements de force, et enfin encore 10 mouvements de rési. Pour la référence au nom, effectivement la seule colo de la voie est souvent grasse, voir détrempée... 




Allez encore un mois et je reprends sérieusement l'escalade et la tenue de ce blog. La prochaine salade sera donc consacrée au Col du Marocaz qui a subit nos assauts répétés durant les mois d'avril/mai. 



jeudi 1 septembre 2016

Me revoilà!!!


Que le temps fut long sans vous ! Il s'est étiré pendant des mois sans que je puisse vous donner la moindre nouvelle. Depuis l’Espagne qui fut un concentré de grimpe, un temps fort de notre saison, LaCombe s'est retirée dans ses quartiers d'été. Malheureusement, il a vraiment tardé à venir et votre serviteur a dû ruser et s'adapter, en prospectant de nouvelles falaises dans notre Combe favorite et en allant courir dans la montagne pour faire comme tous ces runners du dimanche ou ces apprentis trailers. En fin de compte, la course ne sert pas à devenir plus fort en escalade. On respire mieux, on fait monter les pulsations dans ses retranchements, mais cela ne remplace pas une séance d'escalade ! Au final, ma motivation s'est consumée petit à petit... jusqu'à ne plus avoir envie de grimper du tout.

Le marocaz du haut semblait être la seule destination qui convienne à nos exigences en ce début Juillet. Il m'en aura fallu du temps pour me décider à siéger là-haut en quête de nouveautés. Les enfants furent même de la partie. La randonnée d'accès devenait un jeu pour nos champions qui n'avaient aucune peine à guider les copains jusqu'au pied de la falaise. Les journées étaient chaudes, les corps éprouvés par l'effort, se livraient enfin.




 Ces mini-shorts que j'avais si longtemps espéré voir en falaise, dévoilaient les formes féminines de nos MILF. Victor, tout en émoi, se sentait regonflé à bloc par la vue d'un tel tableau. Les croix tombèrent rapidement dans un tel contexte. "Putain de strates offerts" et "Violeur de première" toutes les deux 8a, ne posèrent aucune difficulté à notre mâle échaudé par la vision d'une croupe galbée. Ce ne fut hélas pas mon cas, et je dus attendre quelques séances de plus pour réussir ce duo classique et mythique du Marocaz du haut




SosoBlondie (Armelle c'est trop ringard!!) et Cathy étaient les reines de la falaise. "Les corbeaux ça pue" un magnifique 7a qui avaient été choisi par les belles se retrouva assailli d'essais successifs et victorieux. Luca, notre charmeur transalpin venait également à quelques sessions, pour survoler du regard une éventuelle apparition cutanée. En vrai grimpeur méthodique, lié à son âge, il me conseilla dans une des perles de la falaise, la morphologique "l'Autocar des falaises" en 8a. Un régal minéral, avec une recherche d'itinéraire qui aura pimenté chaque ascension jusqu'à l’enchaînement un jour de forme et de collante. Roberto, en chantre de la brassière XXL fit également quelques apparitions pour venir à bout de Dopamine un 7b+ avec une belle fin. Il y en aura eu des séances, des désillusions, des frustrations, des efforts d'aménagements, des liftings dans les voies sur ce bout de caillou qui mériterait qu'on s'y attarde de nouveau. En effet, j'ai été surpris par le manque de fréquentation notoire là-haut. Un travail de rééquipement sera bientôt lancé dans les voies les plus marquantes pour redonner un nouveau visage au site. Ainsi, la voie "A tous les Balmeux funk it!", l'incontournable 8a du mur gris, a déjà subi une mise à jour de son équipement ainsi qu'un renforcement de certaines prises à la colle sika. Maintenant, c'est béton !

La bouffée d'oxygène tant attendue arriva mi-Août. Des vacances "loin" de la maison, sur d'autres falaises nous attendaient. Un horizon motivant se profilait enfin. Les ragots que j'avais tant désiré colporter depuis plusieurs mois arriveraient certainement à poing nommé. Le contexte laissait donc augurer de bons moments, d'autant que le petit camping dégoté par Soso, sur les conseils de tonton Cyrille s’avérait être au top. Le Briançonnais, nous revoilà !!! Cette fois c'était du côté de l'Argentière la Bessée que notre désormais fameux duo "Lefèvre-Vigier" décida de planter la tente.



Cela faisait longtemps que je n'avais pas posé mes chaussons dans cette partie de la vallée. Le programme était simple : grimper le plus possible pour faire partir le gout d'amertume et de frustration laissés par les échecs répétés dans la Combe de Savoie. Ici, que du nouveau, de la découverte. Ce fut au Rif d'oriol que notre caravane fit la première halte. Ce site est vraiment exceptionnel ! L'accès est certes raide avec des enfants mais reste très court. Vous déboucherez dans un canyon asséché où les deux rives se grimpent. Ce canyon d'une centaine de mètres débouche sur la vallée surplombant l'Argentière. Cette orientation favorise la formation un courant d'air qui ventile en permanence les lieux. Les conditions qui y règnent alors sont hyper favorables. Un enchantement pour tous grimpeurs qui comme moi se trouvent transcendés par le vent. La seule ombre au tableau restera la fréquentation en période de vacances. En effet, il faudra faire la queue dans les voies pour espérer y grimper. La tactique qui consiste à mettre les dégaines directement dans son projet sera souvent la bonne pour imposer son choix et essayer à sa guise la voie. A ce petit jeu, je fis rapidement le 8a cadeau "La tuerie d'oriol" tout comme Blondie le 7b "Aziz" et Soso le 7a sans nom de l'entrée. On pourrait alors labelliser ce site "child ready" et " best cliff ever" d'après les conditions de LaCombe. Evidemment pour les fans de gros dévers il faudra passer votre chemin.







Fessourier, une autre falaise classique, reçut notre visite. Là encore, beaucoup de grimpeurs avaient fait le déplacement pendant ce weekend du 15 Août. Cela nous permit de découvrir le petit secteur de gauche, Manu tchao, qui recèle quelques perles de rési d'avant-bras comme "Hip-hop" un 7b+ qui se déroule dans un pseudo dièdre et "Un océan de rien" en 7c, une voie très complète alliant petites prises dans le bas et physique dans le haut.

Ailefroide... Une journée de loose caractérisée avec la mention spéciale "merci les savoyards". Je vous dois des explications me semble-t-il ? Alors voilà, la veille nous croisons de bonnes connaissances savoyardes au pied de Fessourier. On me conseille un secteur d'Ailefroide qui pourrait se faire avec notre tribu, Face bouc pour être plus précis. Mon incrédulité m'aura encore joué des tours puisque ni l'accès, ni le pied de falaise, ni l'orientation nous permirent d'y grimper convenablement. On se retrouva donc à attendre que l'ombre daigne faire son apparition au pied de ces grandes dalles vertigineuses tandis que Claude préféra rentrer après observation de cette face qui ne lui évoquait rien de bon. Les femmes restaient néanmoins motivées et tel un vrai gentleman je leur montais la moulinette dans un 6b+ d'enfer. Une dalle extrême avec beaucoup de recherche d'itinéraire, une longueur de grande-voie en couenne faisant relais commun avec un 7c "diamant noir". J'usais ensuite la gomme de mes Miura dedans pour me rappeler les sensations désagréables de la grimpe en dalle granitique. Le moins que l'on puisse dire c'est que le temps où je trouvais cette escalade géniale est maintenant bien derrière moi malgré le fait que je me débrouille toujours aussi bien dans ce type de profil !





Blondie en plein "Jetlag" ne put résister à l'appel du caillou et quelques heures après son retour de Thaïlande, décida de venir se joindre à nous. La piscine lui manquait terriblement parait-il ? A moins que ce ne soit d'autres raisons plus esthétiques, culinaires, thermiques ? La bouennasse de 41 ans revenait du paradis pour vivre un enfer avec Soso qui ne put résister à l'envie de lui faire un ravalement de façade, indispensable, afin de relever son sex-appeal diminué depuis toujours par un pantalon E9 trop large. Il reste des efforts à fournir, comme dirait certains collègues, mais c'est en bonne voie. La prochaine étape sera le push-up en falaise pour donner l'illusion et agacer les vieux mâles de plus de 50 ans.









Nous nous étions jurés de ne plus revenir à Rue des masques, mais devant l'insistance de la troupe et la promesse d'un nouveau secteur abordable, nous décidions de tenter de nouveau l’expérience. On sent ici, plus qu'ailleurs, l'hétérogénéité des cotations en fonction des équipeurs. Cela dit, c'est tout à fait normal vu leur grand nombre sur ce site. Enfin entre le 7a/6b "le moral dans l'echauguette" et le 7b "force étalon", pourtant distant d'à peine une vingtaine de mètres, nous sommes en droit de nous poser des questions sur l'échelonnement des cotations. Toujours épineuse, récurrente, indissociable de notre sport, cette variable de la difficulté des voies est aussi dépendante des égos de leurs équipeurs. Ainsi, pour ne pas les froisser, les auteurs du topo ont certainement choisi de conserver celles proposées, sans les réajuster, renforçant alors les écarts. Il y aura toujours des croix cadeaux et d'autres qui se feront aux forceps. Peut importe, Claude, Blondie, Soso et Cathy étaient contents, ils avaient beaucoup grimpé et dans de très belles voies.





La grotte d'Oreac était pour moi la révélation du séjour. Située au col de la Pousterle à 1800m d'altitude près de Tournoux, il s'agit d'une baume déversante qui sera globalement toujours à l'ombre en été malgré son orientation Sud-Ouest. Ici, vous aurez des itinéraires très physiques, à la renverse mais aussi très bien équipés. C'est une des caractéristiques des voies "Rolland" permettant de s'essayer à des voies au-dessus de son niveau comme "Capitaine caverne" un 7b+ accessible qui traverse la partie inférieure gauche de la grotte. La composante "force en biceps" eut raison des femmes qui s'acharneront sur le 6c+ du milieu de la grotte sans réussir le pas de départ. On trouvera des voies de conti de 35m avec le 7a+ " Grotta raptor" et "Guère de religions" 8a/a+ comme du plus court avec "ptérodactyle" en 7c/c+. Dans tous les cas ce secteur vaut le déplacement, qui peut se faire avec des enfants agiles et aidés par endroits.







 Maintenant je retourne au silence pour de longs mois, puisqu'un nouveau challenge m'attend qui nécessitera toute ma concentration, ma motivation et ma rage. Je vais utiliser toutes ces compétences, développées au fil des années en escalade, pour relever le défi et devenir professeur des écoles !  



lundi 2 mai 2016

Margalef, stop je fais mon râleur!!!


LaCombe en Espagne à Margalef précisément, voilà une nouveauté pleine d’intérêts et susceptible de passionner mes chers lecteurs. Il y en aurait des choses à raconter, des anecdotes à dévoiler, des coups de gueules à pousser, de quoi remplir deux articles tellement le séjour aura été chargé et intense. Mais pour ménager les humeurs de tous et ne pas encore passer pour un vieux râleur, je resterai volontairement neutre et consensuel.

Margalef, un de sites majeurs de la Catalogne, un laboratoire de voies dures et médiatisées où toutes les "Rock stars" viennent se faire shooter dans les derniers projets en 9a+, nous tendait les bras pour onze jours de grimpe. Sur conseils et envies de nos p'tits jeunes, nous avions pris la décision de venir ici plutôt qu'ailleurs. Là encore, nous faisions dans l’intergénérationnelle multifamilial en partant à 18 personnes, âgées de 3 à 64 ans. Pour être sur de notre "savoir vivre en groupe", nous allions même jusqu’à prendre une auberge de jeunesse comme hébergement au plus près des falaises, le fameux gîte de Jordi Pou, El raco de la finestra. L'idée avait l'air sympa. La réalité beaucoup moins. Stop, je fais mon râleur.


C'est dans ces moments là que l'on bénit les inventeurs des boules QUIES et des substances illicites. Pour les autres, c'est-à dire ceux qui veulent faire du sport et être frais le matin sans abus, je ne vois pas de solutions viables, mise à part le camion aménagé, loin des aires de campings sauvages squattées par tous les "pouerks à chiens" amateurs de coupes mulets degueux et autres trop grands amoureux de la nature. Stop, je fais mon râleur.

A Margalef, il y a tout le caillou voulu pour le grimpeur. Il y a juste ça d'ailleurs. Pour le reste... Pas de gîtes, pas de boutiques, pas de supermarchés, rien à visiter... un trou paumé où les journées de repos sont synonymes de casse-tête "anti emmerdite" aiguë. Stop, je fais mon râleur.

Avec le topo tout neuf en main, on se rend vite compte que la tâche va être rude pour choisir un secteur parmi les plus de 60 proposés. La vitalité des équipeurs, également employés du gîte, assure un renouvellement perpétuel des voies. Cela permet-il de fidéliser la clientèle de luxe? "Ola, j'ai équipé une nouvelle voie de 40m dans un panneau à 45° sur bi doigts, ça te dit de venir essayer?" Pour les autres lambdas, il y aura plein de voies discounts, très classes, selon son style, qui pousseront à revenir.
A 18 personnes, ce choix s’avérait encore plus difficile. Ainsi de petits groupes de grimpeurs se formaient en fonction des attentes et projets de chacun. Pour les jeunes, le secteur de La Finestra fut massivement plébiscité. En terme de ratio ampleur/temps d'approche, c'est celui qui en imposait le plus, dans les voies dures. Pour les amateurs de 6ème degré il faudra voir ailleurs, malheureusement. La Catédral et La Visera de la coma furent sans contestation ceux qui en jetaient le plus. A l’unanimité, les 40m de léger à fort dévers nous stupéfièrent. Trop élitistes et lointains, nous n'y grimpèrent hélas pas. D'une façon générale les voies sont plutôt courtes et n’effrayent pas le grimpeur. On ne ressent pas l’imposante raideur d'une falaise qui vous domine et vous écrase de par sa hauteur. Les voies sont toutes magnifiques mais sans plus. Stop, je fais mon râleur.





Sur certains points, je rejoindrais mon cher AK, la patine, le surpeuplement, l'ambiance... Stop, je fais mon râleur.

Pour les voies, le caillou, le site, les conditions climatiques, rien à redire. L'offre était largement suffisante à ma demande et à celle du groupe.
Départ un mercredi, de Montmélian, depuis la casa Victor, où la première difficulté fut de mettre toutes les affaires de la Blondasse et de ses filles dans les deux voitures prévues. Deux petites voitures en plus, un Jumpy de huit places et une Logan break!!! Ça commençait fort, mais nous allions être les uns sur les autres pendant dix jours alors quelques heures de plus !!! Direction Margalef donc à 8h00 de route !!!
Quelques pauses pipi plus tard, nous voilà à destination, le groupe était presque au complet puisque seul les Vigier nous rejoindraient en fin de semaine. Le gîte était investi et les chambres squattées par les enfants. Fatigue et tension étaient perceptibles au sein du groupe d'autant que les commodités n'étaient pas au rendez-vous!




Peu importe, le lendemain, après une nuit agitée, les petits jeunes étaient les plus motivés. Debout à 8h00 et prêts à 9h00... J’hallucinais. Tels de jeunes chiens fougueux ils entamaient le séjour sur les chapeaux de roue, à bloc... Cela allait-il durer? La sagesse du vieux chauve expérimenté dans ce domaine me faisait prendre mon temps, d'autant que l'épineux problème du choix du secteur se profilait déjà. Un spectre qui refera surface chaque matinée, pour accroître encore les tensions et frustrations. Enfin, le soleil brillait, les femmes étaient disponibles, épilées et enjouées, voir même un peu coquines. Elles se prêtaient donc volontiers à l’élection de "miss plus beau boule 2016".



C'est au secteur Raco de la Finestra que le groupe se fixa finalement après quelques errances sur le Bloc del Pork pour que les enfants tâtent également du caillou. Les premières impressions furent bonnes malgré la patine, le premier 7a Ingravitus était retors et on se posait déjà des questions sur notre capacité à résister 3 jours d'affilé au broutage de peau. Soso ouvrit directement la loterie des croix en réalisant cette dernière mi flash, mi à vue, confirmant son statut de septogradiste. La bière allait couler durant la soirée.Toto et Victor firent cordée ensemble dans Entretres en 7a+ bien dur avec une section pas facile à vue. Mon coté jeune chien fougueux, me poussait aussi vers le 8ème degré! La sombra del Viento me fit de l’œil. Ça ne penchait pas, ça ressemblait à rien et pourtant je décidais d'y aller. La vidéo d'un gosse de 8 ans grimpant comme un sac dedans m'avait peut-être fait franchir le cap, ne serait-ce par curiosité. Appliqué et méticuleux, je cherchais les méthodes pour enchaîner rapidement cette blague! La falaise entière entendit mes cris de frustration lorsque je dus me rendre compte que je devrais laisser les dégaines une journée supplémentaire. L'histoire se finit bien puisque le lendemain, je fis la croix sans préavis en bluffant une lesbienne Russe pas sympathique qui berlottait dans la voie depuis deux heures en saucissonnant sur mes belles dégaines JeGrimpe.com. C'était donc avec un certain plaisir que je récupérais mes paires lui laissant un mur presque vierge. Vic qui voulait bouffer du 8a "à vue" se jeta dans Dando brea, un bloc encordé dans un panneau à 45°. Et bien ce qu'on peut dire c'est qu'il n'a pas encore assez de gros biceps l'Ours de Savoie! Le "à vue" se transforma en "second go". Au deuxième jour de grimpe, après un départ à 10h00, de belles réalisations tombèrent enfin. 7c à vue pour Victor et flash pour moi dans Magic festival, une méga classique très résistante au sommet qui sera le projet des jeunes étudiants de Vic:  le Jerem' et le beau FloTotor pouvait enfin se laisser séduire par la Via del quim en 8b+, son projet dur du séjour. De son coté la blondasse se baladait dans les 7a et Toto "croitait" les voies à vue.



troisième jour : repos et levé tardif. Une escapade au secteur Can dit gros pour faire grimper les enfants et les anciens fut néanmoins planifiée. Un périple de dingue cette journée de repos, chargés comme des bêtes à longer la falaise dans les arbustes, nous mirent deux heures à trouver ce secteur en prenant soin d'éviter les "week-end warriors", venus en masse ce samedi. Pour les intrépides de LaCombe ce fut le moment pour aller explorer les secteurs les plus lointains mais aussi les plus classes il faut le dire. Pour d'autres ( Toto et Benou) l'appel de la pédale se fit sentir, une manière toute particulière de reposer les bras, à bicyclette. L'élection des plus beaux mâles se tint également ce jour et le résultat fut serré mais sans surprise : Le bel étalon haut-savoyard Flo remporta la première place, de peu devant votre serviteur!


Sieste sur une vire, le top.



Que faire aujourd'hui? Où qu'on va? Can dit gros à muerte! Et nous revoilà le lendemain sur les mêmes pentes rocheuses avec notre matos de grimpe cette fois. Départ à 11h00, et squattage des voies disponibles d'entrée. Le dimanche il y avait foule aussi. Ce fut une journée de croix pour notre petite blondasse ( oups le pléonasme) préférée avec l’enchaînement à vue de son premier 7b, Jodida pero contenta que Soso fit également, en moulinette... La bière coula à flot le soir et nous eûmes droit à un streap tease endiablé de la bouennasse qui nous dévoila la perfection de son épilation. Imaginez les hommes du gîte, des mecs qui ne pensent qu'a fourrer leurs gros doigts boudinés dans des trous toute la journée lorsque Armelle, d'un mini string vêtue, se dandina au dessus de leur assiette ? Cette explosion d’œstrogènes résonna dans tout le réfectoire et les mâles attirés, aimantés se détournèrent du droit chemin pour venir glisser les billets de 20 € directement dans la ficelle!!! A ce moment là, je me réveillais... La journée avait été trop intense. Une autre première, pour Jerem'; non, il ne s'agissait pas de sa première expérience homosexuelle, seulement d'une réalisation, son premier 7c+Joguina sexual. Il avait déjà fait 8a mais jamais de 7c+!!! Ces jeunes qui sautent les étapes c'est vraiment n'importe quoi, les vieux chauves attendent de faire 100 voies dans le 8a avant de tenter un 8b au moins! Toto fit également la croix rando et Vic la fit "à vue marseillais" quelques jours plus tard avec Flo. De notre coté, avec mon Totor nous essayâmes notre 8a quotidien avec Amenàbar et le firent au premier essai. Une belle voie avec un crux sur mono une demi phalange dans du mur vertical.


le beau mur de Joguina sexual

Comme de gros autistes nous voulions retourner à La Finestra pour essayer El purgatori en 8a+, Flo, Jerem' et Toto au secteur Tenebrès pour enchaîner Magic festival. Une journée de loose puisque le projet en 8a+ ne me convenait pas, trop patiné, je ne trouvais pas la bonne méthode et surtout démotivé pour tenter des essais pendant plusieurs séances. Le fantôme du AK planait sur ma tête à ce moment là! J'étais pris d'une "ralite" aiguë des plus pénibles pour mes compagnons de cordées. Une compensation néanmoins avec l’enchaînement de La corva de la felicitat, un 7c bien conti comme j'aime, poussé par le vent de la collante. Jerem' réalisait lui aussi son projet. Finalement la journée ne fut pas si désagréable.




Les jours suivant le choix des secteurs devint problématique et le groupe se scinda. La division avait du bon puisque chaque partie trouva son bonheur. A Can Verdures, Soso et Cathy se déchirèrent pour enchaîner les classiques BitX en 7a et O'Mar Galef en 7b. A la Cova Soleiada, située juste à coté je dérouillais Ment en blanc, un 8a bien résistant sur réglettes, un comble pour Margalef et la majeurissime Doctor Feelgood encore 8a, au prix d'un bon combat au premier essai, grâce aux méthodes éprouvées par Jerem'. Les autres bénéficiaient d'un temps maussade pour tester le secteur de Punta Espadelles. De belles journées avec des conditions climatiques parfaites à partir de 16h, comme quoi, rien ne servait de se presser le matin.


 La fin du stage espagnol pointait le bout de son nez. Les soirées au gîte s'allongeaient. Les p'tits jeunes essayaient même de débaucher la jeune fille au pair des Vigier afin de lui laisser un souvenir mémorable des Français. Le UNO était devenu une institution avec ses irréductibles dont le Benou qui n'attendait pas la fin des repas pour proposer une partie. Les levés étaient de plus en plus tardifs, pour le bien des parents qui pouvaient alors espérer grimper une journée supplémentaire. Un jour pluvieux et la baisse de motivation générale se fit ressentir. C'est encore une fois à la Finestra que nous trouvions refuge. La pluie n’empêcha pas La blondasse, Benou et Cathy de faire Garotina un très photogénique 7a , mais fit glisser Soso "la main dans le bac". Flo pouvait montrer ses muscles de mister Margalef 2016 dans Esquerda Alertzale en 7b+, la belle trouvaille du jour. C'est avec un regain de fougue que le dernier jour nous décidâmes de rendre visite à Ca la Marta. Ainsi c'était en petit comité, puisque les jeunes étaient encore dans leur lit au moment du départ, que nous découvrions ce sympathique secteur. Des voies de 25m, des murs, des dévers jaunes à trous, du facile, du 8b, personne, c'est là que nous aurions dû venir me disais-je? Le timing serré nous priva de croix. Je m'en sortis relativement bien dans Tan tiernas como un bébé en 8a arrivé complètement occis au relais. Idem pour Armelle dans un 7a d'ampleur juste à coté ou un autre essai aurait été victorieux.



Manon au départ d'un 6b

Stop,  j'ai fais mon râleur pendant le séjour, mais rarement à cause de la grimpe. Margalef c'est une base de l'escalade sur trous, point. Des voies de toutes longueurs et de tous les styles y sont présents et en cherchant bien vous trouverez toujours des voies à vos goûts. Le seul hic restera pour ma part l’hébergement, qui ne convient pas suffisamment aux familles avec enfants, à moins d'être habitué aux dortoirs partagés. A nous maintenant les autres falaises catalanes inscrites sur toutes "to do list" qui se respectent.